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Alors que les hôpitaux publics du Grand Est et de la région parisienne surchargés sont obligés d’envoyer les patients intubés/ventilés dans les régions moins impactées comme ici, les patrons des cliniques privées n’ont pas attendu pour se faire entendre et préparer la suite.

La plupart des établissements du privé tournent au ralenti ; l’annulation des interventions non urgentes à la demande de l’Etat a un impact sur l’activité des cliniques et donc sur le chiffre d’affaires… pour ces établissements dont l’activité principale, rentabilité oblige, est la chirurgie, notamment ambulatoire.

Si fin mars le président de la FHP, Lamine Gharbi, déclarait : « J’appelle les professionnels de santé encore disponibles, dans les cliniques privées et ailleurs, à répondre au plus vite aux demandes de solidarité lancées par les régions les plus en difficulté… », des voix s’élèvent maintenant pour demander des compensations financières. Après les avances sur trésorerie de la CPAM, des reports des échéances URSSAF et des emprunts, les patrons réclament une compensation des pertes de chiffre d’affaires par rapport à 2019.

La semaine dernière, la direction a annoncé les mesures qu’elle compte prendre suite à la pandémie. Alors que l’usine est arrêtée depuis le 16 mars, elle saisit l’occasion des ordonnances et de la loi d’urgence sanitaire mise en place par le gouvernement pour contourner le code du travail et nos droits.

Elle impose ainsi à tous les salariés, même ceux en télétravail, de consommer 5 jours de RTT durant le mois d’avril, au motif que les salariés auraient « trop de jours de congés » après le confinement alors qu’il y aura « plus de travail »… Mais la direction ne sait rien de l’état des commandes, en particulier celles prévues pour les pays étrangers touchés eux aussi par la pandémie. Qu’importe, tout ce qu’elle veut, c’est nous piquer des jours de RTT, c’est toujours ça de pris !

La pandémie se répand à la SNCF comme ailleurs. Il y avait déjà 1500 cas de covid fin mars, et dans la semaine du 30 mars, le nombre de cas chez les cheminot.e.s a doublé.

Que faire alors, et comment organiser le travail ?

Bien évidemment, avec les patrons SNCF, la question ne se pose jamais sous un angle démocratique. Eux, les patrons, décident  avec le soutien du gouvernement, de faire payer la crise aux travailleurs.ses, et la réponse ne s’est pas faite attendre.

La pose obligatoire de 5 jours de repos sur la période du mois d’avril a été imposée à tous les cheminots, à peine quelques jours après la mise en place du confinement !

Depuis deux semaines, La Poste a réorganisé son travail en 3 jours consécutifs (pour les centres de tri et les facteurs). De plus, après les droits de retrait, notamment la première semaine, et suite au scandale de la révélation des 24 millions de masques détenus par le groupe (et non distribués aux facteurs, voir encart), dans la grande majorité des bureaux les masques, gants et autre gel hydro alcoolique ont fini par arriver. Alors qu’une majorité de postiers reprend peu à peu le travail, on a pu croire que les conditions de travail, au moins, seraient un peu tranquilles dans cette période de baisse de production.

La fédération Sud PTT avait assigné le groupe La Poste en référé concernant la protection des postiers durant l’épidémie. Pour sa défense, son avocat national a produit un document expliquant que La Poste possédait 24,3 millions de masques en stock. Or les postiers n’en avaient pas vu la couleur !

Interpellée par des syndicats, la direction du groupe a tranquillement expliqué qu’elle gardait ses masques sans en faire bruit par crainte de se les faire réquisitionner ! Après le mini scandale, comme par magie, les masques sont arrivés dans les bureaux pour les postiers qui le souhaitent…

Avec cette période de confinement et de télétravail, nous, salariés de différents employeurs et services du secteur du travail social (éducateurs et éducatrices spécialisés, assistant.es sociaux,…) voyons de grandes différences dans ce qu’on nous demande, même si nous avons pourtant le même financement (le Conseil départemental) et les mêmes missions. Certains services nous appellent encore à venir faire des réunions physiques... Et d’autres plongent à tout-va dans le numérique en créant des permanences numériques et multiplient l’usage des réseaux sociaux.  Ainsi, « être » partout sur le net permettrait de mieux « justifier » notre travail auprès du financeur.

Et cela tombe bien… Car depuis plusieurs années il y a une volonté nationale d’ancrer le numérique dans la pratique des éducateurs. Des journées de formation nous renvoient à des pratiques paradoxales en fonction des services et des professionnel.les. Comment pouvons-nous mixer relation éducative dans le réel et relation virtuelle via les réseaux sociaux ? Les éducateurs ont-ils leur place dans la vie privée des jeunes ? N’est-ce pas un espace d’expression qui leur est propre, et qu’ils n’ont pas forcément envie de partager ?

La crise épidémiologique a mis au grand jour l’incapacité de l’organisation économique mondiale à faire face à l’urgence. En cause, la concentration de bien des productions essentielles, équipements et médicaments, dans des pays comme la Chine. En cause également l’absurdité de ces chaînes de logistique qui déplacent des marchandises d’un bout à l’autre de la planète à seule fin d’assurer les profits maximum, quelqu’en soit le coût environnemental.

Ce système est aujourd’hui en panne partielle, et l’urgence d’en finir avec cette aberration s’impose dans bien des esprits. C’est ce que traduit ce sondage publié récemment par Les Echos sous le titre « Coronavirus : les Français font des relocalisations la priorité de l’après crise » : selon un sondage, 93 % des personnes interrogées demanderaient que l’exécutif garantisse « l’autonomie agricole de la France » ; 92 % qu’il pousse « la relocalisation des entreprises industrielles »,  91 % qu’il « favorise la recherche et la production des laboratoires pharmaceutiques français et étrangers dans notre pays ».

Les catastrophes engendrent toujours leur lot de prétendues théories explicatives, diverses et variées qui se répandent sur Internet. Le coronavirus n’échappe pas à la règle.

De nombreuses vidéos ou messages circulent sur les réseaux tentant d’expliquer que le virus est né dans les laboratoires avec la complicité du gouvernement français ou chinois ou russe ou américain. Certaines soutiennent que cette épidémie est une arme bactériologique contre les peuples créée dans le but d’exterminer une partie de la population. Dans d’autres, la retenue des autorités sanitaires vis-à-vis de la chloroquine serait bien l’exemple que le gouvernement refuse de soigner la population. On y retrouve également le complot juif derrière nos responsables politiques, antisémitisme qui revient, lancinant, depuis le fin fond du Moyen Age. Dans tous les cas, il s’agit de démasquer les « vrais responsables » aux objectifs malfaisants plus ou moins secrets.

Dans ce récit, un ouvrier intérimaire de Bretagne prend la parole, et c’est une baffe contre l’exploitation.

Publié il y a un an, ce roman décrit un quotidien de lutte incessante pour gagner son salaire : travail posté, gestes répétitifs, fatigue et aliénation, pression des chefs… Description précise aussi des ateliers d’une usine de transformation de poissons et fruits de mer, puis d’un abattoir. Face à la dureté du travail, l’entraide, la camaraderie et l’envie de se révolter… C’est aussi une lutte face aux agences d’intérim, à Pôle emploi, à l’incertitude permanente du lendemain…

Tous les jours, il écrit ces feuillets, en vers libre un peu comme Prévert, au rythme des cadences infernales. Il écrit pour tenir, exprimer et défendre sa condition, faire partager aussi sa passion de la littérature et de la chanson présentes tout au long du récit.

6,49 € pour la version électronique sur le site de l’éditeur https://www.editionslatableronde.fr

 

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