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Nous avons tenu une première réunion virtuelle de la commission santé du NPA 33, l’occasion de débattre de la situation entre militants et sympathisants travaillant dans le secteur de la santé, de confronter nos réalités, mais aussi de discuter de ce que cette crise révèle, ce qu’elle change dans les consciences et l’état d’esprit des collègues, et comment nous, militants anticapitalistes et révolutionnaires, envisageons l’avenir.

« Un virus très politique », c’est le titre d’un petit livre que l’on peut télécharger gratuitement sur le site des éditions Syllepse. Beaucoup de questions scientifiques se posent sur le Coronavirus SARS-CoV-2 et son impact, mais le fond politique ressurgit bien des fois.

Souvent, ces questions sont instrumentalisées par les gouvernants, les laboratoires, même certains chercheurs. On pourrait parler des masques, mais aussi des tests.

Avec le confinement et le recul de l’activité, la situation des salariés précaires et des chômeurs s’est fortement dégradée. Il n’y a pas de chômage partiel pour ces nombreux intérimaires qu’exploitent tant de patrons. Dès que l’activité diminue, il leur suffit de ne pas renouveler leurs missions et tous se retrouvent à pointer à Pôle Emploi… pendant que dans le même temps, le gouvernement multiplie les sales coups contre les chômeurs.

Au 1er novembre dernier, Pénicaud a durci les conditions pour l’ouverture des droits au chômage en passant à 6 mois de travail sur une période de 24 mois, contre 4 mois de travail sur une période de 28 mois précédemment. Avant l’épidémie, l’Unedic avait estimé à 200 000 les travailleurs impactés par la mesure. Malgré cela, Pénicaud maintient aujourd’hui son sale coup des 6 mois travaillés, en concédant tout juste une augmentation de la période de référence maximale de 24 mois à 27 mois.

Je m’appelle Mohamed, je suis un menuisier retraité franco-tunisien. Je vis confiné dans une tour de la cité Saint Hilaire à Lormont avec mes deux enfants, Émir, 10 ans, et Iram, 9 ans. Veuf, je m’occupe de tout à la maison, de la cuisine, de l’éducation des enfants. Mon petit boulot de distribution de prospectus à mi-temps s’est interrompu avec le confinement…

Je n’ai jamais eu de quoi me payer un ordinateur ni une imprimante. J’ai juste un téléphone portable avec lequel je peux me connecter sur l’espace numérique de l’école. On est obligé de se débrouiller, et ce n’est vraiment pas très pratique. Nous transmettons les messages de l’école reçus par le téléphone portable sur l’ordinateur de ma fille aînée qui vit à Nice, et c’est elle qui me renvoie les cours par Messenger !

Au niveau local aussi, les annonces du recul économique se multiplient. Après les déclarations de Le Maire et Darmanin prévoyant un recul de 8% de la croissance du pays, ce sont des responsables de la Banque de France, de la Direccte et des finances publiques qui ont communiqué des informations sur la situation régionale le 17 avril.

La Banque de France a estimé à 32% la perte d’activité moyenne par semaine de confinement, l’industrie étant le secteur le plus touché, notamment dans la région l’aéronautique et le spatial.

Les salariés du tourisme sont particulièrement frappés. Ce secteur représentait 18 milliards de revenus l’an dernier, avec 140 000 emplois, la première économie de la région, 9 % du PIB.

La crise globale épidémiologique, économique, sociale, financière et écologique dans laquelle l’humanité est plongée depuis quelques semaines agit comme un révélateur. Les absurdités aux conséquences dramatiques du système capitaliste éclatent au grand jour, comme l’impuissance des politiques menées par les Etats et les classes dominantes face à la crise. Et tout indique que les mesures prises actuellement, offensive contre les travailleurs et milliards de cadeaux au grand patronat préparent un “après” qui sera bien pire que l’”avant”, pour les travailleurs avec ou sans emploi, salariés comme indépendants.

De 500 la première semaine, le nombre d’enfants de soignants accueillis dans les écoles, augmenté de ceux d’autres professions (forces de sécurité intérieure, gendarmes, policiers et pénitentiaires) est monté à 800 élèves aujourd’hui en Gironde.

A l’issue de 4 semaines de fermeture des écoles et de confinement, les conditions de cet accueil continue de poser problème. Les enseignants et agents municipaux ont dû se battre pour que les conditions sanitaires soient au minimum acceptables. Alors que Macron nous annonçait sur les medias que nous étions en guerre, les « soldats » partaient au front sans armes et sans munitions. Les nombreux enseignants volontaires n’avaient pas de masques, les stocks des écoles ayant été rendus pour les soignants prioritaires. Ils n’avaient que les « gestes barrières » et le « respect des distances » dont on sait bien ce qu’ils valent avec de jeunes enfants. Aucun protocole centralisé de l’éducation nationale n’était mis en place, et comme pour la « continuité pédagogique », c’est les initiatives et la coordination des personnels eux-mêmes qui ont permis cet accueil au mieux, avec quelques masques pour ceux qui ont pu se débrouiller à s’en procurer auprès des municipalités. Jusqu’à la semaine dernière, et tant que durait la pénurie, les consignes officielles disaient toujours que l’on pouvait s’en passer. La hiérarchie et son représentant, le DASEN (directeur académique), ne tarissent pas d’éloges sur le dévouement des enseignants. Il a eu le cynisme de vanter dans Sud-Ouest « l’autonomie et la responsabilité des enseignants, au service d’un enjeu collectif et d’intérêt général très fort et bien compris », alors que face à l’impréparation et l’indifférence de la hiérarchie, auxquelles s’ajoutent l’opacité sur la situation réelle, il a bien fallu ne compter que sur nous-mêmes. L’éducation nationale s’est aujourd’hui alignée sur les directives du ministère de la santé au sujet des masques, mais le DASEN a du mal à prendre le virage et continue à mettre en avant les gestes barrières et l’hygiène.

Au printemps de chaque année arrivent les épreuves écrites tant attendues ou redoutées. Les concours viennent dans une large mesure sanctionner la capacité des étudiants à se fondre dans des attendus, que certains auront eu la chance d’acquérir de par leur milieu social ou le temps qu’ils peuvent consacrer à la préparation. Malgré des modalités d’évaluation prônant l’égalité (anonymat, épreuves communes, doubles corrections…), on en est loin et la crise sanitaire actuelle aggrave les choses.

La majeure partie des épreuves écrites aurait dû se tenir lors des mois de mars et avril : elles sembleraient être reportées en juillet… Mais les autorités ministérielles ne savent absolument pas, depuis plus d’un mois, émettre des modalités concrètes d’évaluation. Aucune alternative n’est non plus proposée aux étudiants par les institutions universitaires.

Le directeur général du CHU de Bordeaux, Yann Bubien, aime les media… Très actif sur twitter, facebook, toujours pret à inviter la presse, à répondre à un micro ou à se glisser devant une caméra, l’ancien chef de cabinet de Buzyn… et de Bachelot… a un certain savoir-faire.

Et chose extraordinaire, pour lui tout va (presque) bien ! S’il a dû convenir le 7 avril sur France Bleu « nous avons des difficultés d’approvisionnement en matériel » alors que le personnel dénonçait la consigne de laver les sur-blouses en papier pour tenter de les réutiliser… c’était pour se réjouir aussitôt que le CHU ne soit pas débordé : « la situation est maîtrisée. Nous sommes préparés depuis longtemps ». Et il jurait ses grands dieux : « Pour les masques de protection le problème ne se pose plus ». Des déclarations qui ont fait bondir et révolté dans les services.

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