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Les salarié.e.s d’une soixantaine d’Ehpad appartenant au groupe Korian étaient en grève ce lundi 25 mai, par ailleurs jour d’ouverture des négociations autour du plan « Ségur ». Des rassemblements avaient lieu dans tout le pays. A Cenon, une quarantaine des cent cinquante salarié.e.s des Ehpad Hauterive et Château Lemoine ont participé à un rassemblement.

Parmi les exigences, au-delà du paiement de la prime Covid promise par le gouvernement dont personne n’a de nouvelles, le versement d’une prime de 1500 euros par leur direction et de véritables augmentations de salaires, 300 euros nets pour tous et une prime « grand âge » de 100 euros par mois, ainsi que des embauches pour pouvoir s’occuper dignement des personnes âgées.

Plus de 700 personnes âgées hébergées dans des établissements Korian dans le pays sont décédées du Covid ces dernières semaines. Personnes âgées, familles, personnels ont vécu des situations profondément éprouvantes, faisant face sans le matériel de protection minimum pendant longtemps.

Mardi 26, nous étions plusieurs centaines à l’appel des équipes SUD, CGT, FO et CNI, relayé par les réseaux militants. Entre 300 et 500 personnes ont occupé le vaste rond-point devant les Urgences de Pellegrin entre 12h et 15h, respectant bon an mal an la distanciation physique… mais resserrant les liens de la colère et de la lutte. L’occasion qu’attendaient de nombreux hospitaliers et militants des luttes. Sous un soleil de plomb, passés les moments de retrouvailles, une longue minute d’applaudissements en colère a précédé les interventions, saluant les soignants touchés par le virus et ceux qui ont fait tourner l’hôpital partout dans le pays, qui ont permis d’éviter la catastrophe malgré une situation inacceptable, la mise à sac du service public de santé depuis des décennies.

Lundi 25 au matin, sur France info, l’ex-président Hollande y est allé d’un aveu : il a « sa part de responsabilité dans la situation actuelle des hôpitaux »… Sans blague !

Après ce mea-culpa de tartuffe, il passait à ce pourquoi il était là, tenter de se refaire une petite santé politique en présentant les bienfaits que son quinquennat aurait apporté au milieu hospitalier : création de 30 000 postes, augmentation de 7 % de la masse salariale, revalorisation des salaires des infirmières et des aide-soignantes… tout en occultant soigneusement sa contribution et celle de son gouvernement à la casse du service public de santé. 

Les écoles de Lormont ont rouvert mercredi, comme partout ailleurs, après quelques jours de très fortes pressions sur les personnels pour appliquer un protocole sanitaire… imposé par une hiérarchie qui n’a pas dû mettre souvent les pieds dans une école ! Comment faire respecter des gestes barrières à des enfants de maternelle, c’est-à-dire les éloigner de leurs copains, de la maîtresse et des adultes qui auront à les soigner, à les rassurer, les consoler… ? Ce protocole sanitaire de déconfinement est à l’image du confinement imposé brutalement par un gouvernement irresponsable, dépassé par les conséquences de sa propre politique au service des classes dominantes, qui a ruiné l’hôpital public. Un protocole surréaliste (chaque poignée de porte, chaque objet, chaque surface touchés par un enfant doit immédiatement être désinfecté), et des conditions de reprise (dans les classes, suppression de tous les jeux, livres, matériel pédagogique collectif…) qui révèlent bien l’incurie et les mensonges de Blanquer, prétendant re-socialiser les enfants alors que la date imposée du 11 mai n’avait d’autre objectif que la reprise des affaires, au mépris de la sécurité sanitaire.

Dans les jours précédant la date fatidique de reprise des cours dans les collèges, le 18 mars, les masques pour les élèves promis par le gouvernement et devant être fournis par l’Education Nationale étaient toujours attendus…

Passons sur l’ambiguïté des formulations du style « dans le cas où les parents ne pourraient pas s’en procurer les établissements leur en fourniront », ou « le port du masque sera obligatoire si la distanciation ne peut pas être respectée »… Mais encore fallait-il que les collèges en aient !

Le décret définissant les modalités d’attribution de la prime que toucheront les personnels hospitaliers est enfin paru ce 15 mai.

Tout ça pour ça ! Des pages et des pages de « précisions », d’exclusions, une liste des établissements classés 1 et d’autres classés 2… Des agents qui toucheront 1500 euros dans un certain nombre de départements, et d’autres, à quelques kilomètres de là qui toucheront 500… Et des départements où la majorité touchera 500 mais où les directions « pourront » verser 1500 à « certains ».

Mercredi 13, le directeur général de Sanofi a annoncé que le groupe pharmaceutique servirait en priorité les Etats-Unis s’il trouvait un vaccin contre le Covid-19. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’Etat américain a mis plusieurs centaines de millions de dollars sur la table pour « aider » le groupe à développer ses recherches. La multinationale a rappelé à qui aurait oublié la logique des entreprises privées, dans la santé comme ailleurs, pour laquelle les profits passent avant tout.

Depuis une semaine, des rassemblements et manifestations ont eu lieu dans ou devant plusieurs hôpitaux dans tout le pays, comme à Toulouse le 11 mai, à Robert Debré à Paris le 14, etc. Dans le département, un rassemblement a eu lieu devant l’hôpital de Blaye le 11. Des manifestations de soignants ont lieu aussi dans d’autres pays.

Les directions des syndicats ont d’ores et déjà annoncé qu’une mobilisation nationale aurait lieu en juin. Mais sans attendre, des RV sont prévus.

Soyons y nombreux, invitons-y nos amis, nos familles, nos voisins.

Dans la santé privée lucrative, les négociations salariales débutent. Les annonces du gouvernement sur le renouvellement de la prime du pouvoir d’achat (que Macron avait lâchée pendant la lutte des Gilets jaunes) pouvant aller jusqu’à 1000 €, voire 2000 s’il y a un accord d’intéressement dans l’entreprise et la prime Covid-19 promise mais dont on n’a pas de nouvelle dans le privé ne répondent pas à la nécessaire revalorisation de nos salaires. Ce n’est pas une fois par an mais chaque mois qu’on en a besoin !

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