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L’assassinat de Samuel Paty, décapité pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet pendant un cours d’éducation morale et civique a suscité la colère et l’effroi. Partout en France, des milliers de personnes se sont rassemblées en son hommage, pour dire leur indignation, leur solidarité, manifester leur attachement à la liberté d’expression pour laquelle Samuel Paty a été tué.

Ces rassemblements initialement à l’appel de l’intersyndicale enseignante ont malheureusement été marqués par les discours du pouvoir et des partis institutionnels cherchant à imposer leur « unité nationale » au nom des « valeurs de la république ». Castex et Schiappa se sont invités au rassemblement de Paris aux côtés de Pécresse ou Hidalgo, tous récemment convertis à la « liberté d’expression »… les mêmes qui n’ont de cesse de diviser la population, de combattre ceux qui s’opposent à leur politique.

A Bordeaux, au nom de la « liberté d’expression », leurs amis bardés de bleu-blanc-rouge ont tenté d’empêcher la prise de parole de Christine Héraud, élue NPA de Cenon qui dénonçait la politique de Macron et Blanquer… !

Ils surfent sur la peur et utilisent la politique du bouc émissaire pour tenter de dévoyer la révolte sociale qui monte de toute part contre l’incurie de l’Etat et la guerre de classe qu’il nous mène. Le Pen s’écrie « L’islamisme nous mène une guerre : c’est par la force que nous devons le chasser de notre pays ». Valls commente : « Le mal est profond, la guerre pour le vaincre sera longue et difficile ». Macron appelle « les Français à  faire bloc […] ils ne passeront pas. L’obscurantisme et la violence qui l’accompagne ne gagneront pas. Ils ne nous diviseront pas ».

Nous condamnons sans réserve les crimes d’individus aveuglés par le fanatisme religieux, mais nous devons aussi en comprendre les racines profondes. C’est une condition nécessaire pour se donner les moyens de s’en prémunir. Ces actes trouvent leurs origines dans la situation résultant, au Maghreb, au Moyen orient, en Tchétchénie, en Afghanistan, etc., du chaos créé par des décennies de guerres menées contre les peuples par les grandes puissances, dont la France. Ici, la misère, le fait d’être l’objet d’un mépris permanent, du racisme, de l’arbitraire policier, le traitement indigne auxquels sont soumis les migrants, sont le meilleur terrain pour que se développe la haine qui conduit les plus déséquilibrés au pire, un terrain propice à la dérive folle de l’islamique politique. Une dérive que la campagne raciste actuelle du gouvernement, sa propagande relayée avec zèle par les médias contre un prétendu « séparatisme islamique » ne peut qu’accentuer.

Macron flatte et instrumentalise les préjugés racistes, désigne l’« ennemi » à combattre, s’indigne contre le fanatisme religieux pour mieux flatter, avec la droite extrême et l’extrême-droite, le fanatisme nationaliste, tout aussi dangereux pour les travailleurs. Leur « union nationale », c’est leur volonté de nous soumettre, travailleurs, jeunes, précaires à la guerre sociale qu’ils nous mènent pour maintenir malgré la crise les profits des capitalistes qu’ils servent.

Nous ne laisserons pas dévoyer notre révolte par les messes républicaines que nous servent les possédants et leurs larbins politiques. Notre solidarité avec Samuel Paty, la défense de notre liberté de penser et de nous exprimer, c’est la solidarité entre tous les exploités, les laissés pour compte de cette société, quelle que soit leur origine, leur couleur de peau ou leur religion. Elle se construit dans la lutte de notre camp social, le monde du travail, en toute indépendance politique, pour en finir avec la barbarie d’un monde capitaliste en faillite.

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