A la séance d’ouverture les organisateurs du festival, dont Alain Rousset Président du conseil régional, l’ont revendiqué : le thème avait été choisi volontairement en fonction de l’actualité électorale en France.
Rien n’échappe à l’œil du cinéma, et cette année encore moins que les autres, tant la question du pouvoir, sa conquête, son exercice, fascine ce média. Ainsi on pouvait voir trois versions « d’Hamlet » ou un « Jules César » dans lequel le consul Marc-Antoine-Marlon Brando retourne la colère de la foule, à l’issue d’un discours aussi brillant que manipulateur. De même, on retrouve la même habilité cinématographique pour retracer la marche solitaire d’un homme vers le pouvoir, Pétain et Bokassa, Mitterrand ou Poutine, que pour illustrer les grands mouvements de l’histoire qui conduisent aux révolutions ou aux dictatures.
La puissance du cinéma est telle qu’elle permet de regarder pendant près de 2 heures un film de pure propagande nazi réalisé par Leni Riefenstahl « Le triomphe de la volonté » tant les moyens cinématographiques mis en œuvre dépassent par leur force son contenu.
Plus de 40 conférences et débats ont accompagné cette semaine de festival. Bien sûr l’accent est mis sur la version démocratique de la conquête du pouvoir et sur la dénonciation de la violence pour le conquérir ou s’y maintenir. Pourtant, à aucun moment n’est envisagé la combinaison entre un mouvement social et sa traduction politique, comme moyen de respecter et traduire la volonté populaire. Ainsi le suffrage universel, un homme une voix, a été questionné par Pierre Rosanvallon ou Michel Winock, comme moyen universel de légitimer un pouvoir, sans pour autant négliger ses limites, plébiscite, charcutage des circonscriptions, problème de la proportionnelle… Cependant, malgré l’actualité, peu de liens sont faits avec la réalité actuelle. Alors qu’après le continent latino-américain, les révolutions arabes montrent que les formes « classiques » de dictatures sont en train de tomber, il apparait au grand jour que d’autres formes de despotismes se mettent en place pour priver les peuples d’exercer le pouvoir d’une manière démocratique. Les « indignés » de Barcelone, de Tel Aviv ou de New-York n’ont pas trouvé place dans les débats avec leurs exigences nouvelles. Pas plus que la « dictature des marchés » avec leurs agences de notations qui imposent à un gouvernement souverain d’abandonner l’idée d’un référendum, ou qui obligent les autres à mettre en œuvre des politiques d’austérité pour priver les peuples de leurs conquêtes sociales, obtenues par leurs luttes victorieuses dans la rue et les urnes.
Jean-Paul, NPA Bordeaux

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