Le 17 octobre dernier, les préfets de Gironde et de Charente Maritime ont « prescrit l’ouverture d’une enquête publique sur la demande d’EDF […] afin de permettre l’utilisation du combustible enrichi en oxyde plutonium appelé MOX ».
Pourtant, dès 2001, des experts sollicités par Greenpeace soulignaient l’extrême dangerosité de ce mélange présent en nombre dans les réacteurs de Fukushima.
À Blaye, deux des quatre réacteurs fonctionnent déjà au MOX depuis 1994 et 1997. EDF envisage aujourd’hui son utilisation dans les deux autres réacteurs. La catastrophe de Fukushima Daiichi, dont les retombées sanitaires n’en finissent pas de s’aggraver, ne leur sert décidément pas de leçon !
Sortir du nucléaire n’est pas négociable, c’est aujourd’hui une nécessité !
On comprend l’attachement au nucléaire du gouvernement actuel qui, comme dans toute sa politique, favorise les profits de quelques-uns contre les intérêts, même vitaux, du plus grand nombre. Il est déjà plus discutable de la part du candidat socialiste François Hollande même si l’on connait les orientations pro-nucléaires anciennes du Parti Socialiste.
Mais cela devient inadmissible de la part d’Europe Écologie-Les Verts qui défendait encore il y a quelques semaines une sortie programmée du nucléaire, et accepte aujourd’hui, contre un accord purement électoraliste avec le PS, d’abandonner toute position anti-nucléaire, projet pourtant constitutif de tout combat écologiste conséquent. L’accord valide même le retour du surgénérateur Superphénix !
Le nucléaire est un problème trop sérieux pour être bradé pour quelques strapontins à l’Assemblée Nationale.
Dans la campagne présidentielle, le NPA reste aujourd’hui le seul à défendre une sortie du nucléaire non-négociable. En effet, à gauche, le PCF, dans sa vision productiviste, reste en faveur du nucléaire, d’où la position ambigüe du Front de Gauche pour un hypothétique référendum. Quant à LO, elle ne réclame pas non plus la sortie du nucléaire.
Lors des élections comme dans les mobilisations, le NPA défend une transition énergétique radicale articulant une sortie du nucléaire en dix ans, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le développement massif des énergies renouvelables. Tout cela est rendu possible et cohérent par la mise en place de politiques de sobriété énergétique et de réductions massives des gaspillages dans la production et la consommation. Le tout en garantissant la sauvegarde des emplois et des statuts des salarié-e-s du nucléaire et l’intégration de tous les sous-traitant-e-s et intérimaires dans un service public de l’énergie.
Les milliers de licenciements programmés à Areva nous rappellent que les capitalistes n’ont pas besoin de transition énergétique pour licencier. La recherche incessante du profit maximum leur suffit. Pour nous, c’est en expropriant ces groupes et en les plaçant sous le contrôle des salariés et des usagers, que cette transition pourra s’effectuer, sans aucune suppression d’emploi. Au contraire, le développement des énergies renouvelables nécessitera la création de nombreux emplois.

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