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La SNCF ferme la Médoquine sans crier gare

mercredi 2 novembre 2011

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Si rien ne bouge, le 1er décembre prochain, le guichet ouvert à la gare de la Médoquine à Talence va fermer. Il ne restera plus qu’une machine à qui parler de ses voyages.

Trois ans après la fermeture de la Poste de la rue Robespierre, après la fermeture en catimini de la permanence de la caisse primaire de sécurité sociale, c’est le tour de ce guichet.

Il faut le dire, cela fait quelques décennies que le guichet s’ouvre dans une gare qui voit passer les trains mais qu’aucun ne s’arrête - alors qu’il serait intelligent d’y faire un arrêt pour les trains venant du Bassin et pour la ligne de ceinture, plus une « plateforme multimodale » (au moins bus et vélos) pour le CHU, le campus,...

Jeudi 20 octobre, le comité talençais de défense des services publics a appelé à rassemblement devant cette gare. 150 manifestants environ, des élus en grand nombre (dont le député EELV Mamère, le conseiller général PS Savary, le maire Modem Cazabonne...). Interventions convergentes du comité, de la fédération des comités d’usagers de transports, de la CGT et de Sud-Rail. En grattant un peu les interventions des élus, cela devenait compliqué. Difficile au PS de dire franchement que les maires PS de Pessac et de Mérignac avaient obtenu des gares et des trains indépendamment des priorités réfléchies à l’échelle de la CUB. Impossible pour le PS de mettre clairement en cause une politique nationale de la SNCF de priorité au TGV au détriment de l’entretien et de l’amélioration du réseau de proximité qui concerne 90% de ses clients. Nous avons même cru déceler une certaine gêne chez les militants du Front de gauche et d’Europe Ecologie Les Verts, alliés parfois indociles mais toujours alliés du PS au Conseil général, à la CUB, à la Région. Le comité était plus crédible dans sa dénonciation de l’absence de mobilisation de la Mairie malgré les bonnes paroles du Maire.

Dans son intervention, le représentant du NPA, après avoir salué la grève générale des travailleurs grecs, a eu beau jeu de montrer qu’ils étaient victimes d’une politique, celle de l’Union européenne et du FMI, qui ne voit pour sortir des crises que l’austérité pour les travailleurs et la privatisation des services publics. C’est, si nous n’y prenons pas garde, ce que nous subirons demain au nom de la réduction des déficits publics, dans le droit fil des textes européens imposés malgré notre vote et invitant à systématiser la concurrence « libre et non faussée ».

Mais pour résister, il ne faut pas s’arrêter à ce premier rassemblement. 150 manifestants, déjà 1000 signatures pour la pétition, c’est bien. Il faudra être trois fois plus nombreux la prochaine fois, et réunir 10 fois plus de signatures si nous voulons peser suffisamment pour que la Direction régionale SNCF soit contrainte de revenir sur sa décision.

A.R.

Paru dans Anticapitalistes n°22 (octobre 2011)


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